La 6ème édition des RECITEL se déroulera du 4 au 7 juillet 2013 à Lomé sur le thème "Cinéma, Éducation et Paix". Nous sommes à la recherche de partenaires financiers pour organiser cette prochaine édition. Pour nous contacter : contact@cinetogo.comVous trouverez prochainement le programme complet.
PALMARES 2013
Python royal - Grand prix du festival
THE CITY OF PHOTOGRAPHERS, de Sébastien Moreno Chili - 2006
Python à tête noire - Prix du meilleur scénario
QUARANTINA, de Oday Rasheed Irak – 2010
Mention spéciale du Long Métrage
WINTER VACATION, de Li Hongqi, Chine – 2010
Python papou - Prix du meilleur film documentaire
BON BAISERS DE LA COLONIE, Nathalie Borgers Belgique – 2012
Mentions spéciales du Jury Documentaire
YOOLE, LE SACRIFICE, de Moussa Sene Absa Sénégal - 2010
LE CAMP, de Jean Frédéric de Hasque Belgique – 2012
Python pygmée - Prix du meilleur court métrage
SI TU VEUX REVOIR TA MERE, de Xavier Douin France – 2011
Prix du Meilleur Moyen Métrage - Python Vert
UN BON BAIN CHAUD, de Antoine Desrosières France - 2012
Python tapis - Prix du meilleur film d’animation
MERCI MON CHIEN, de Julie Rembauville et Nicolas Bianco-Levrin France / Canada - 2012
Python de children - Prix du public
LAST TRAIN HOME DE LIXIN FAN Canada / Chine – 2009
Python à lèvres blanches - Prix du Meilleur Téléfilm
MON MARI, de Prince OGOUDJOBI Benin – 2012.
Les Rencontes du Cinéma et de la Télévision de Lomé auront lieu du 4 au 7 juillet 2013 à Lomé. Le thème sera Cinéma et Éducation. Plus d'informations prochainement sur le site
La 11ème édition du Festival International du Film de OUIDAH aura lieu du 9 au 13 janvier 3013. Plus d'informations sur le site : www.festival-ouidah.org
Considéré comme le doyen des cinéastes togolais, pour avoir réalisé en 1975 Kouami ou l’exode malversé, le premier film de fiction dans son pays, Jacques Do Kokou nous a accordé dans l’après-midi du 2 juillet dernier une interview exclusive. Dans cet entretien, Jacques Do Kokou met l’accent sur la troisième édition du festival de courts-métrages d’Atakpamé qui aura lieu du 19 au 22 septembre prochain. Le réalisateur togolais remonte également aux premières heures de sa carrière, parle du Cinéma numérique ambulant, un programme qui apporte le cinéma aux populations des hameaux les plus reculés, fait l’autopsie de la production cinématographique au Togo et touche du doigt les vrais problèmes auxquels sont confrontés les cinéastes dans leur travail. Au-délà des critiques qu’il formule à l’endroit des autorités gouvernementales et de tous les acteurs de la vie socioculturelle, il fait une série de propositions pouvant permettre au cinéma de compter dans l’avenir parmi les priorités de l’Etat, des médias et du secteur privé.Anoumou Amekudji : Ce vendredi 6 juillet, vous faites le lancement de la 3ème édition du festival de films d’Atakpamé. Qu’est-ce qui différenciera cette édition des précédentes?Jacques Do Kokou : Pour cette troisiéme édition, nous voulons effectivement mettre l’accent sur la tradition. Nous pensons que le cinéma peut apporter sa contribution à la prise de conscience de la population pour la sauvegarde de ce que nous appelons tradition. Parler de tradition ne veut pas dire que nous allons rester sur ce que nos grands parents nous ont laissé, mais essayer de tracer à travers cela une nouvelle démarche d’évolution pour le développement, parce qu’il ne faudrait pas oublier que le cinéma est également un facteur de développement. Il s’agira donc de voir comment partir du cinéma pour aller au développement, tout en tenant compte de nos traditions. Anoumou Amekudji : Cette troisième édition va-t-elle accueillir des participants venus de l’extérieur du Togo?Jacques Do Kokou : Il y aura des invités de l’étranger. Le festival était à l’origine une initiative de Jacques Chanis, un Français dont l’association a travaillé dans la région d’Atakpamé et plus précisément à Hihéatro. Son association avait une maison pour les orphelins, mais ce projet n’a pas pris l’ampleur souhaité. Jacques Chanis a tout de même continué à réfléchir à ce qu’il pouvait faire pour la région, et il a pensé qu’à travers le cinéma il peut apporter une solution au développement du Togo à travers les jeunes. Déjà dès la première édition du festival de films d’Atakpamé, le festival s’est surtout basé sur les courts-métrages produits par des Français et montrés dans un festival de courts-métrages à Vaulx-en-Velin, en France, ainsi que dans un autre festival de jeunes des établissements scolaires dénommé Festimages. Bien que la plupart des films de la première édition soient basés sur les films venant de ces festivals, nous avons fait appel à ce moment déjà aux jeunes cinéastes de la sous-région ouest-africaine, à savoir des ressortissants du Bénin, du Mali, de la Côte d’Ivoire et bien sûr du Togo. Pour la deuxième édition, c’était pratiquement la même chose. Mais nous avons pensé que faire un festival de films au Togo, c’est avant tout participer au développement de la culture cinématographique dans le pays. C’est aussi donner l’occasion aux jeunes d’apprendre la technique cinématographique et de s’exprimer en utilisant les moyens techniques audiovisuels. Parlant de ces moyens audiovisuels, je pense en particulier à la caméra, au téléphone portable et à tout autre appareil numérique. Faire un festival de cinéma au Togo, c’est donner également la possibilité aux jeunes de s’exprimer en utilisant l’image. S’exprimer grâce à l’image, est aussi un des objectifs de la troisième édition du festival qui aura lieu du 19 au 24 septembre 2012 à Atakpamé. Donc pendant la prochaine édition, des films seront réalisés au cours des ateliers prévus. Une fois ces films réalisés, ils participeront au festival. Néanmoins, nous ne mettrons pas de côté les films qui nous seront envoyés des festivals partenaires comme Festimages, parce que nous évoluons dans un milieu artistique et nous avons besoin de voir ce qui se passe chez les autres pour pouvoir nous former aussi. Ouvrir notre festival aux films venus d’ailleurs, c’est donner aussi l’occasion aux films produits par nos jeunes d’aller plus tard à d’autres festivals dans le monde. Anoumou Amekudji : Vous avez fait en 1975 votre premier film de fiction intitulé Kouami ou l’exode malversé. De quoi parle ce film?Jacques Do Kokou : Au début du cinéma africain, l’un des thèmes à cette époque était celui de l’exode rural. Par conséquent mon premier film de fiction traité du thème de l’exode rural. Anoumou Amekudji : Mais de quoi est-il concrètement question dans le film?Jacques Do Kokou : En fait, Kouami étant un produit de l’école française, avec son certificat d’études il se dit lettré. Autour des années 1970, la terre a commencé à ne plus nourrir ses enfants. Le phénomène de l’exode rural est né. Ce qui a poussé le jeune Kouami à venir en ville, en se disant qu’avec son certificat d’études il trouvera du travail dans la capitale. La vie au village est différente de celle qu’on mène en ville, et la plupart du temps l’aventure est malversée c’est-à-dire que le rêve tourne au cauchemar. Anoumou Amekudji : Donc dans le cas de Kouami, l’aventure en ville s’est-elle mal terminée?Jacques Do Kokou : Oui, elle a mal tourné pour lui dans la mesure où à part des jours sans travail, il y avait la drogue, les tentations, la boisson. Kouami qui croyait trouver du travail en ville grâce à son certificat d’études, s’est rendu compte que le problème d’emplois commençait déjà à se poser dans la fonction publique. Si je me rappelle bien, déjà en 1975 l’Etat avait des difficultés pour recruter de nouveaux fonctionnaires. Cela commençait déjà à être très difficile au niveau du marché de l’emploi. Il y avait des bacheliers qui cherchaient du travail et n’en trouvaient pas. Anoumou Amekudji : Après Kouami ou l’exode malversé, vous avez réalisé en 1976 un deuxième film de fiction intitulé La Lycéenne, qui a pour cadre le lycée de Tokoin de Lomé. En dehors de ces films de fiction, on constate que votre filmographie est constituée en grande partie de documentaires ou de films de sensibilisation sur des maux comme le Sida. Qu’est-ce qui vous empêche de faire des films de fiction connus du public togolais et au-délà de nos frontières?Jacques Do Kokou : Après mes deux premiers films de fiction, j’étais devenu fonctionnaire et à l’époque à la fonction publique on devait tout donner à l’employeur. Surtout qu’à cette époque, c’est l’employeur qui avait le matériel de travail. Je ne pouvais pas signer toutes les productions que j’avais faites à ce moment, parce que je les avais faites en tant qu’agent de l’Etat. Toutes les oeuvres que je produisais à l’époque appartiennent donc à l’Etat. La situation était plus ou moins la même dans tous les autres pays africains. Tous mes collègues de l’époque peuvent témoigner. Quand ils sont rentrés dans leurs pays respectifs, ils sont devenus des fonctionnaires mais ils ont quand même eu à participer à la création ou à la naissance d’une cinématographie nationale. Il y a l’exemple de Sembène Ousmane qui a d’abord travaillé aux Actualités cinématographiques sénégalaises, avant de créer sa propre structure de production. C’est aussi le cas des cinéastes comme Souleymane Cissé, Cheikh Oumar Sissoko, Désiré Ecaré, Henri Duparc. Toutes ces personnes sont également passées par la fonction publique, mais elles ont été des précurseurs d’une cinématographie nationale. Anoumou Amekudji : Pourquoi cela n’a pas été possible de créer un environnement cinématographique dynamique au Togo?Jacques Do Kokou : Si nous sommes venus au cinéma, c’est parce que quand nous étions enfants, nous avions la possibilité d’aller au foyer Pie XII pour voir ce qu’on appelait Cantate. Moi j’ai étudié au collège Saint Joseph et tous les 19 mars, une pièce de théâtre était montée et jouée par les élèves. Cela faisait l’actualité dans toute la ville de Lomé. C’était rentré dans les habitudes des gens que le 19 mars, une pièce est présentée au collège Saint Joseph. Les Loméens étaient aussi au courant que chaque mois, il y avait un spectacle de Cantate au foyer Pie XII. Des pièces de théâtre étaient également jouées au centre culturel français. C’est pour dire qu’il y avait une vie culturelle à l’époque. Compte tenu de tout cela, nous les jeunes, nous étions poussés à vouloir faire comme nos grands frères. Juste après, nous avons assisté à une déconfiture de la structure artistique au Togo. Qu’on le veuille ou pas, il faut partir du néant. On ne part jamais du néant, il faut partir de quelque chose. Ceux qui prétendent qu’ils vont faire du nouveau, puisqu’ils n’ont pas de repères, ils n’ont pas pu mettre quelque chose en place. Malheureusement cela continue jusqu’à présent. Cela ne veut pas dire que nous n’avons pas des gens capables de réfléchir à la mise en place des structures artistiques dans notre pays. Le fait est que nous avons plutôt des gens qui pensent que c’est seulement à eux de mettre en place les structures essentielles. Par conséquent, si ce ne sont pas eux, ils font tout pour détruire les idées des autres. En Côte d’Ivoire par exemple, il y a une base artistique. Il en est de même des pays comme le Bénin et le Sénégal. Dans ces pays, les jeunes artistes peuvent s’inspirer de ce qui existe déjà. En tant qu’artiste, quand tu retournes un peu pour regarder derrière, tu constates qu’il n’y a rien. Sur nos télévisions, il n’y a que des films de violence et on ne programme que des films de second degré. Il n’y a même plus de salles de cinémas. A l’époque, le premier cinéma que j’avais connu se trouvait dans l’actuel hôtel du Golfe situé dans le quartier commercial à Lomé. C’étaient les Européens qui venaient souvent voir les films dans cette salle. Je me rappelle que ma soeur me mettait sur son épaule pour pouvoir regarder le film au dessus du mur. Nous regardions vraiment le haut de l’écran. Après avoir connu cette salle, nous avions commencé à aller au cinéma Le Rex avec 30 FCFA. Dans le temps, il fallait avoir 50 FCFA en poche. En dehors du ticket d’entrée, cela nous permettait d’acheter du pain avec du macaroni et un bout de viande de boeuf ou d’akpanma. C’était un événement à cette période. Après il y a eu le cinéma Le Togo où nous allions en matinée avec des sachets de savon pax. Il suffisait d’avoir trois ou cinq paquets de ce savon en main pour avoir accès à la salle de cinéma. C’est tout cet environnement culturel qui nous poussait à faire du cinéma. Maintenant, qu’est-ce qu’on a? Anoumou Amekudji : La situation que vous décrivez est-elle l’apanage du Togo?Jacques Do Kokou : Je ne dis pas que c’est la faute des Togolais. C’est un phénomène qui touche tous les pays, mais il se trouve que dans les autres pays les gens luttent pour qu’il y ait une culture cinématographique. Je suis quand même optimiste qu’un jour au Togo, malgré tout ce qui se passe, nous aurons aussi une tradition cinématographique. C’est pour cela que nous nous battons pour apporter le peu que nous avons en expérience cinématographique. Nous voulons mettre cette expérience à la disposition des jeunes. C’est cela qui sous-tend notre action. Nous nous sommes dit que les gens ne connaissent pas bien ce que nous voulons leur donner. Puisqu’il n’y a plus de salles de cinéma et des occasions pour voir des films africains, il faut aller vers les populations. Anoumou Amekudji : Vous venez d’évoquer les problèmes de repères, de références pour les jeunes cinéastes, ainsi que la disparition progressive des salles de cinéma. En dehors de ces problèmes, quelles sont les autres difficultés auxquelles font face les cinéastes togolais dans leur travail?Jacques Do Kokou : Des problèmes d’expression, parce que je me rappelle que j’ai eu quand même des personnes-ressources qui savaient ce que je cherchais, qui savaient que je me battais pour un environnement cinématographique dynamique. Mais des fois en douce ils me disaient que s’il y avait la liberté d’expression au Togo, mes productions pouvaient connaître plus de succès. Je dis qu’il y a un problème d’expression, parce que pour créer, l’artiste a besoin d’être libre. Jusqu’à présent, l’artiste s’auto-censure. Il n’a pas cette liberté de dire un certain nombre de choses. Dans cette situation, quoi faire? Les artistes essaient de créer pour faire plaisir à, essaient de créer parce que c’est ce qu’ils savent faire pour se nourrir, et c’est ce qu’ils peuvent faire pour se nourrir, mais se “nourrir” comment? Le grand problème est qu’il n’y a pas de marché d’art, pas de public pour aller voir les films produits, pas de salles où les films peuvent être programmés, pas de chaînes de télévision capables d’acheter les productions des artistes. Anoumou Amekudji : Qu’est-ce que l’Etat a fait pour favoriser l’éclosion de la production culturelle dans le pays?Jacques Do Kokou : L’Etat a fait de son mieux pour créer des structures comme le service du cinéma et des actualités audiovisuelles, la télévision, la direction du cinéma. Dans le temps, il n’y avait pas la direction du cinéma. Il y avait le ministère de la jeunesse des sports et de la culture. Vous voyez, des gens se sont battus pour avoir un ministère de la culture à part entière. Pendant que dans les autres pays les gens se battaient pour savoir quoi faire de leur Culture, nous dans les premières années il n’y avait pas de département ministériel pour répertorier les valeurs culturelles à promouvoir. Comme je le disais plus haut, l’Etat a créé des structures mais il se pose la question de leur fonctionnement. C’est là où il faut aborder le point de l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. On crée une structure pour que cela avance, on ne la crée pas pour qu’elle reste stationnaire. Donc il faut des hommes compétents pour diriger ces structures, des hommes qui réfléchissent sur les problèmes du secteur, des ambitieux, des gens qui ont envie d’aller de l’avant. Au Togo, depuis un certain temps nous nous contentons du peu. Quand les gens sont nommés, ils se disent que tant qu’ils n’auront rien fait de grave, ils resteront là-bas jusqu’à la retraite en tant que directeurs. Ils pensent que tant qu’ils ne font rien de méchant, ils resteront à leur poste. Or s’ils sont ambitieux et prennent des initiatives, un beau matin ils pourront tomber dans un trou parce qu’en travaillant ils feront toujours des erreurs. Et comme ils ne veulent pas faire des erreurs, ils ne travaillent pas, ils restent là jusqu’à la retraite. Un autre vient prendre leur place, fait la même chose et les choses n’avancent pas. Anoumou Amekudji : Quelle conclusion tirez-vous de cela?Jacques Do Kokou : C’est bon de créer des structures. C’est bon de voter des lois. Mais moi j’ai l’impression qu’au Togo, quand on vote les lois, on n’utilise que les aspects qui censurent. On n’utilise pas ceux qui font développer le pays. On peut dire par exemple au cinéaste de fournir un dossier avant d’obtenir l’autorisation de tournage, mais on ne lui donne pas de l’argent. Il n’y a pas de créneau où on dit au cinéaste après la lecture de son scénario, qu’il est mis à sa disposition des moyens financiers pour lui permettre de bien faire son travail. Anoumou Amekudji : Voulez-vous dire que les structures créées par l’Etat pour la promotion du cinéma, n’allouent pas des fonds aux cinéastes?Jacques Do Kokou : Il n’y a pas d’argent. De temps en temps, nous entendons que telle personne a reçu de l’argent pour faire tel film. Anoumou Amekudji : Il n’y a pas de prévisions financières claires qui accordent une somme précise à la production cinématographique chaque année?Jacques Do Kokou : Rien n’est prevu à cet effet pour les cinéastes, chaque année ou tous les dix ans. Rien n’est fait pour permettre aux cinéastes de tourner des films à présenter, par exemple au Fespaco. Anoumou Amekudji : Que doivent faire les cinéastes pour que les autorités prennent vraiment conscience de la nécessité d’accompagner le secteur cinématographique au Togo?Jacques Do Kokou : A mon avis, l’Etat doit redynamiser les structures déjà existantes. Quand je prends l’exemple de mes collègues cinéastes dans les autres pays africains, ils rencontrent toujours des problèmes de financement. Même dans les pays développés comme la France, le secteur de la culture est toujours le parent pauvre. Lorsque les pays connaissent des problèmes économiques, la culture est le secteur qui souffre le plus de coupures budgétaires. Quand nous disons que l’Etat ne met pas des moyens à la disposition du secteur culturel, effectivement l’Etat n’en a pas. L’Etat a d’autres priorités, mais je pense qu’il doit redynamiser les structures qu’il a mises en place. Au niveau de la télévision nationale, l’Etat doit par exemple poser le problème de quotas pour permettre l’émergence d’un cinéma ou d’une tradition audiovisuelle au Togo. Dans les pays comme le Bénin et le Burkina, des quotas sont imposés par les autorités, pour que les télévisions nationales puissent faire la promotion des productions locales. Par exemple, l’Etat peut imposer que la programmation des télévisions accordant la priorité aux productions locales ou nationales. Comme le disait feu Sembène Ousmane, il faut que nous-mêmes nous consommions nos navets, que d’aller consommer ceux des autres. Quand on prend l’exemple du cinéma de Nollywood, au moins les Nigérians se retrouvent dedans et peuvent y tirer des leçons. Pourriez-vous me dire ce que le public apprend des télénovelas? Allons-nous développer le Togo ou nos pays avec ce libertinage, dont on fait l’apologie dans les télénovelas? Je crois que le Togo peut restructurer le secteur culturel, imposer les quotas, aussi bien dans le domaine cinématographique que dans celui de la chanson et du théâtre. Lorsqu’on recommencera à voir à la télé des émissions comme “le rideau se lève” qui existait dans le passé, les troupes vont se développer. Dès que les quotas seront imposés, on trouvera les moyens pour soutenir pour soutenir les productions locales et nationales, parce que les sponsors et partenaires seront mis à contribution. Une personne qui donne de l’argent à un artiste pour l’aider à produire, souhaiterait qu’on cite éventuellement son nom à la télé, qu’on dise que c’est elle qui a sponsorisé telle production. C’est l’Etat qui doit encourager la production sur le plan national. Anoumou Amekudji : Pourriez-vous donner un autre exemple concret de la manière dont l’Etat peut encourager la production?Jacques Do Kokou : L’Etat peut diminuer les impôts des entreprises qui veulent participer au développement de la Culture. Il pourra récupérer dans les productions ce qu’il concède aux sociétés, parce que le film qui est produit va parcourir le monde, va être acheté, va faire rentrer de l’argent et permettre à tous ceux qui travaillent dans le secteur culturel de gagner leur vie. La production du film va résorber en partie le chômage des jeunes. Vous voyez, c’est tout un ensemble. Anoumou Amekudji : C’est une industrie qui va se mettre en branle?Jacques Do Kokou : Effectivement, c’est toute une industrie que l’Etat doit favoriser, aider. Anoumou Amekudji : Vous disiez entre-temps qu’il revient à l’Etat d’imposer des quotas dans les télévisions nationales. Est-ce que l’Etat peut aussi imposer une telle politique culturelle aux médias audiovisuels privés?Jacques Do Kokou : Oui, parce que la santé morale et mentale du citoyen est de la reponsabilité de l’Etat. S’il faut une population bien éduquée, l’Etat devra intervenir. Si l’Etat avait refusé d’imposer des quotas aux salles de cinéma et médias audiovisuels privés, le cinéma français serait mort depuis. L’Etat français investit dans l’art parce qu’il veut que l’art en France soit quelque chose de vivant. En agissant ainsi, l’Etat veut que les gens aillent dans les salles de cinéma pour regarder des films de réalisateurs français. Il y a des Français qui vivent du secteur culturel, donc il faut tout faire pour protéger cela contre l’envahissement de la production américaine. Ce n’est pas parce que les propriétaires des médias audiovisuels et des salles de cinéma sont des commerçants, que l’Etat va laisser tout le monde faire ce qu’il veut. C’est un faux problème de dire que l’Etat ne peut pas intervenir au niveau des chaînes privées. Il y a un rapport de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) qui a dit qu’au moment de la libéralisation des médias dans la sous-région, le Togo possédait plus de chaînes privées que les autres. Néanmoins, cela n’a pas boosté la production. Il y a encore des pays, où c’est timidement que les gens ont deux chaînes de télévision privées qui rivalisent avec la chaîne nationale. Au Togo, nous avons beaucoup de chaînes de télévision, mais cela n’a pas boosté la créativité. Ces chaînes de télévision nous diront qu’elles sont des télévisions commerciales, et qu’il faudra que nous payions avant de passer sur leurs antennes. Je refuse. Nous faisons de l’événement pour ces télévisions. Si ces télévisions investissent dans une production, c’est leur audience qui va augmenter. Finalement tout le monde y gagne. Anoumou Amekudji : Tout le monde y gagne, les médias et l’Etat ont leur rôle à jouer pour l’avénement d’un environnement culturel dynamique. Qu’en est-il du rôle de la Critique pour qu’on puisse parler de l’existence d’un cinéma togolais?Jacques Do Kokou : Les médias ont vraiment un rôle à jouer pour qu’on puisse vraiment parler de cinéma au Togo, parce que ce sont les critiques qui préparent les spectateurs, le public, à aller voir une oeuvre. C’est pour cela qu’avant la sortie d’un film sur le marché, on le montre d’abord aux médias, pour qu’ils l’analysent et le présentent à leur tour à la population. A ce niveau, nous parlerons de formation. Quels sont ceux qui doivent parler au public de ces films, ces pièces théâtrales, ces toiles, ces sculptures? C’est la grande question à laquelle il faut répondre. Ces personnes doivent aimer les productions, comprendre le message des auteurs, afin de pouvoir le partager avec le public. Au Togo, on ne parle que de politique. Nous avons un pléthore de journalistes politiques, parce que les gens trouvent que c’est plus facile de mentir dans ce domaine. En politique, il n’ y a aucune base, mais tu ne peux pas te mettre à parler d’un film sans avoir déjà un background, et être capable de comparer le film avec les autres oeuvres. Pour pouvoir dire que tel film est bon ou n’est pas bon, il faudrait avoir connaissance des autres productions dans le même domaine. Pour cela, il faut une culture. C’est pour cela que les médias ont véritablement un rôle à jouer. Cela m’emmène à évoquer encore le point de l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. On ne devient pas forgeron, on apprend à être forgeron. On ne devient pas journaliste, on apprend à être journaliste. C’est là ou nous allons parler de formation. Le problème au Togo est qu’il n’y a pas de vraies structures de formation. Les gens se disent journalistes, cinéastes, musiciens, artistes plasticiens, parce qu’ils ont juste posé un seul acte dans le domaine en question. En France par exemple, il y a des lycées artistiques et c’est là où le jeune qui veut devenir cameraman, prend la décision d’aller dans un lycée technique à partir de la classe de seconde. Dans ce lycée, on lui apprendra les techniques de cinéma ainsi que la manière de lire un film. Dans nos pays, prenons le cas de ces jeunes qui se disent documentaristes. Moi je dis toujours que ce n’est pas après le baccaulauréat (parce qu’on a fait des études de communication), que du jour au lendemain on va se dire qu’on est réalisateur. Pour faire un film ou pour être artiste, c’est depuis l’enfance qu’on constate que la personne sait chanter, raconter les histoires et qu’elle lit beaucoup. Pour être artiste, cela se prépare bien à l’avance. Mais comme on le dit, je ne suis pas catégorique à ce sujet. Quelqu’un peut avec le temps devenir un bon journaliste, un bon cinéaste ou un bon chanteur. Anoumou Amekudji : Vous n’avez pas attendu l’Etat pour porter le cinéma vers les populations à travers votre association de promotion culturelle et le projet de Cinéma numérique ambulant. Quel accueil réservent-elles à votre initiative?Jacques Do Kokou : Je ne dirai pas que je n’ai pas attendu l’Etat. Il y a la sécurité au Togo, et cela nous permet de pouvoir prendre la route pour aller faire des projections de films et revenir tard la nuit. Le maintien de la sécurité dans le pays est de la responsabilité de l’Etat. Nous, nous voulions faire du cinéma parce qu’à l’époque il existait des cinébus qui allaient dans les différents quartiers. Par exemple avant les campagnes de vaccination, c’est le cinébus qui arrivait d’abord, qui faisait une projection montrant comment la séance de vaccination allait se faire et parlait des autres maladies comme le paludisme. Après la vaccination, on passait des films de distraction. Tout cela était possible parce que l’Etat était conscient qu’une image valait mille mots. A l’époque quand je travaillais au service du cinéma et des actualités audiovisuelles, des cinébus parcouraient le territoire aller faire des projections de films. En ce qui concerne le Cinéma numérique ambulant qui me permet d’aller montrer des films dans les hameaux les plus reculés, je dirai que je n’ai rien créé, je n’ai fait que reprendre quelque chose qui existait avant, mais avec des moyens modernes. Si après dix ans, nous continuons toujours et avons aussi l’espoir d’aller encore de l’avant, c’est parce que nous avons d’abord trouvé auprès du public une demande. Les gens ont besoin de se reconnaître dans quelque chose. Nous avons une demande surtout de la part des personnes âgées, parce qu’elles se rappellent ces cinébus qui leur ont permis de découvrir le monde au-délà du Togo. Et c’était un grand événement pour eux que le cinébus arrive dans le village ou la ville. Quand nous arrivons avec la voiture du projet “Cinéma numérique ambulant” dans un village où il n’y a pas d’électricité, et que nous illuminons le village pendant les six heures que nous passons dans la localité, c’est vraiment des moments forts pour les populations. Nous sommes en train de finir la projection des dix films (10 films, 10 villages) et quand nous disons aux gens que les projections vont bientôt prendre fin, ils ne sont pas contents parce qu’ils ont déjà pris l’habitude de nous voir. Pour être franc, je peux affirmer que nous avons créé un public. Donc cela veut dire que les gens n’attendent que cela. Comme nous l’avons dit, notre action à l’endroit des populations est une action sociale. Par conséquent, nous voulons que notre action soit soutenue par tous ces acteurs qui interviennent dans la vie sociale. Et là aussi, nous attendons l’aide de l’Etat pour que nos actions puissent continuer. Nous faisons après tout un travail qui fait partie des missions de la direction de la cinématographie. C’est un travail d’information, d’éducation et de distraction. Nous ne faisons que prolonger les actions de l’Etat à travers le pays. Donc nous avons apporté le cinéma à la population, nous avons redynamisé chez elle l’envie d’aller voir des films. Et c’est avec plaisir que nous allons à la rencontre des populations dans les villages. Malgré toutes les difficultés que nous rencontrons, nous osons continuer les projections parce qu’il y a des gens qui nous attendent. C’est comme un sacerdoce. Les populations nous espèrent et nous devons participer à leur plaisir. Anoumou Amekudji : Malgré les difficultés que vous rencontrez pour mener à bout vos projets, l’espoir est-il permis pour que la dynamique cinemétographique s’installe bientôt au Togo?Jacques Do Kokou : L’espoir est permis et la lumière est au bout du tunnel. Mais nous ne devons pas croiser les bras, et attendre que les choses changent ou s’améliorent d’elles-mêmes. Il faut travailler dur. Moi j’ai fait mon premier film en 1975. J’ai toujours rêvé d’aller au festival international de films de Cannes. C’est seulement en mai dernier que ce rêve s’est réalisé. Si en cours de chemin j’avais abandonné, je ne serais pas finalement allé à Cannes. C’est là où j’encourage les jeunes à aller de l’avant, à travailler, à ne pas se laisser aller à la facilité. Il ne faut pas qu’ils fassent des “copie/coller”, des “bouts à bouts”, pour dire qu’ils ont fait des films. La réalisation d’un film demande du travail et exige un minimum de recherche. Par conséquent je demande aux jeunes d’aller à l’école de l’excellence. En procédant ainsi, nous pourrons un jour parler de Cinéma togolais. cineafrique.org
Jacques Do Kokou (photo) réalise son rêve de jeunesse : participer au Festival de cannes en France. Le doyen du cinéma togolais trouve du plaisir à fouler les tapis rouges et surtout exulte en voyant des films dans de belles et bonnes salles. Dans les prochaines années, Jacques Do Kokou réalisera son film qu’il défendra à Cannes, comme un militaire, le drapeau togolais. Il a surtout besoin de tous pour réaliser ses ambitions légitimes. Sur la croisette, l’équipe de Togocultures a rencontré l’homme. Qu’est-ce qui vous a amené à Cannes ?Suite aux dix années (2002-2012) d’activités menées avec le concours de nos partenaires et qui ont permis de parcourir des milliers de kilomètres pour apporter le cinéma à plusieurs milliers de togolais là où ils se trouvent via le CIT - Cinéma itinérant du Togo, le cinéma de proximité, l’APCAL (Association pour la promotion de la culture des arts et des loisirs) a jugé utile de se rapprocher du CNA-Cinéma numérique ambulant. Elle est devenue ainsi membre du Réseau CNA qui regroupe désormais sept (07) pays africains (Sénégal, Mali, Niger, Burkina Faso, Togo, Cameroun) et CNA France. En tant que responsable du CIT et Administrateur de l’APCAL, je suis à Cannes avec les autres responsables des CNA pour présenter le résultat de la table ronde tenue en 2011 à Ouagadougou dans le cadre du 22ème Festival pan africain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO). Quelles sont vos attentes C’est l’occasion pour moi de retrouver mes collègues du métier, de présenter les activités CIT/CNA, de rencontrer et nouer des contacts avec les partenaires pour la pérennisation de nos actions pour le développement du 7ème ART au Togo et dans la sous région. Pour notre réseau c’est faire connaître à nos différents partenaires qui nous assistent, aux professionnels du cinéma comment les CNA travaillent et parler de la place des cinémas itinérants dans l’économie cinématographique africaine en exposant le modèle économique du CNA. - Est-ce votre première participation à ce Festival ? Quelles sont vos impressions ? C’est ma première participation au Festival de Cannes. C’est un rêve de jeunesse qui s’est concrétisé cette année. Cela ne s’est pas réalisé facilement. C’est l’aboutissement, je crois de trente ans d’efforts, d’abnégations et de lutte depuis mon premier film « Kouami ou l’exode malversée » réalisé en 1975 et qui a fait de moi le doyen des cinéastes du Togo. Tout cinéaste rêve de venir à Cannes et surtout fouler le tapis rouge. Cannes c’est une belle ville. C’est un plaisir de voir des films dans de bonnes salles. - Pourriez-vous défendre le cinéma togolais tel qu’il est un jour à ce Festival ? En quoi faisant ? Le cinéma est avant tout un travail d’équipe, de création avant d’être commercial. Je pense qu’en continuant de travailler, il serait possible pour moi d’être présent avec un film à Cannes très prochainement. Beaucoup de personnes me connaissent dans le monde du cinéma en Afrique comme en France et ailleurs et beaucoup de gens savent que je me bats pour que le cinéma soit une réalité au Togo. Cela c’est un atout. Un film c’est le drapeau d’un pays. J’ai besoin de soutiens sur le terrain. Venir à cannes avec un film, c’est l’image du Togo que je viens montrer, vendre. Je sais comment faire un film pour être à Cannes, ou aller dans les grands festivals. Il faut avant tout l’appui de tout le monde, des autorités officielles pour soutenir un projet de film auprès des partenaires que j’ai rencontrés ici à Cannes. Je me bats pour garder la tête au dessus de l’eau depuis toujours, il y a trop de barrières créées artificiellement par des opportunistes. C’est cela qui rend la tâche difficile à tout le monde pour que le Togo soit plus présent dans les rencontres internationales. La vie c’est un combat perpétuel nous sommes certains que nous allons atteindre notre but. Jacques Do Kokou sur la Croisette- Que faut-il faire pour aider le cinéma togolais à décoller ? Pour l’instant, nous ne pouvons pas parler de cinéma togolais. Pour créer une tradition cinématographique au Togo, il reste beaucoup de choses à faire pour qu’un jour nous puissions parler d’un cinéma togolais. La charge ne revient pas seulement à l’État, tout le monde est concerné. Tout le monde doit apporter sa pierre, les créateurs comme les spectateurs. Il faut penser à la mise en place d’un fonds de soutien aux créateurs comme cela existe déjà dans certains pays de la sous région, de véritables structures de production et de diffusion, de la formation du personnel technique, des comédiens…. Il faut encourager et amener les opérateurs économiques à investir dans la production audiovisuelle et cinématographique, les chaînes de télévisions nationales à produire des œuvres d’envergure internationale, et à les diffuser dans l’attente de la création des salles… Il faut introduire l’éducation cinématographique dans les écoles… Il faut créer un environnement qui permet aux méritants de faire des films, de les diffuser. Le cinéma togolais est à créer. - Pensez-vous sincèrement que RECITEL et CIT vont arriver à intéresser de nouveau les togolais au Cinéma ? Je le pense sincèrement. Si nous continuons nos actions c’est qu’il y a la demande. En 2006 à la première édition il n’y avait pas de structures de formation à Lomé. Les RECITEL sont venues pour exprimer ce besoin. Avec RECITEL, plus d’une trentaine de jeunes ont été formés en critique de cinéma, écriture, en réalisation…Sur la scène de la production audiovisuelle des jeunes qui ont participé aux formations organisées au cours des ateliers de RECITEL essayent de se positionner. Il ya des réalisateurs, des journalistes critiques de film. Avec le CIT, plusieurs milliers de togolais ont pu voir des films partout au Togo. Petit à petit la population togolaise qui a reçu la visite du CIT redécouvre la projection sur grand écran et apprend à connaître ce qu’est le cinéma à travers les animations et les débats que nous organisons autour de nos projections. Nous avons besoin d’apport financier pour continuer nos actions. Tout le monde doit contribuer à amener les togolais à s’intéresser au Cinéma. Interview réalisée par Gaëtan Noussouglo © Togocultures
Devant un large parterre de partenaires, d’officiels, de journalistes, de chefs traditionnels et d’invités venant d’horizons divers, le Cinéma Numérique Ambulant (CNA) Togo a été lancé le vendredi 24 février 2012 au siège du Concessionnaire Dacia Renault à Lomé à l’occasion de la remise officielle de la clé de la voiture 4X4 Renault Duster du projet à l’administrateur du Cinéma Itinérant du Togo, Jacques Do Kokou.En 2002, décidée à faire quelque chose pour le cinéma au Togo, l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), après deux journées de réflexion consacrées au sujet, octroie une subvention au projet Cinéma Itinérant du Togo (CIT) du réalisateur Jacques Do Kokou. Depuis ses débuts le 25 juillet 2002, le CIT a fait ses preuves, malgré les difficultés, grâce à la détermination de Jacques Do Kokou. On peut donc considérer que c’est un nouveau souffle qui vient de lui être insufflé le vendredi 24 février 2012 avec le lancement du projet CNA, Cinéma Numérique Ambulant qui est un réseau international d’associations ayant en gestion douze unités mobiles de projection au Bénin, en France, au Niger (2003), au Mali (2004), au Burkina Faso (2007), au Cameroun (2011), au Sénégal et au Togo. La première association a été créée en 2001 pour réaliser une tournée de préfiguration au Bénin. Elle gère une unité de projection en France. Les premiers CNA à démarrer en Afrique l’ont été donc au Bénin, au Mali et au Sénégal. Suivront, après le lancement du projet du Togo ceux du Burkina et du Cameroun. Le Cinéma itinérant du Togo fédère avec le Cinéma Numérique AmbulantLes CNA sont des cinéma ambulants réalisant des projections en milieu rural et dans les quartiers populaires des zones urbaines. C’est aussi un réseau de partenaires et de bénévoles, des équipes salariées, une charte et un savoir-faire développé chaque jour sur le terrain, au contact du public. L’équipement du CNA permet de réaliser des projections de bonne qualité en plein air ou ailleurs. Le CNA dispose d’un fonds de long métrages et de films éducatifs. II ne projette que des films dont les droits sont acquis. Il participe à la hauteur de ses moyens au combat contre le piratage et au développement de l’industrie du cinéma. CNA AFRIQUE est soutenu par l’Union Européenne dans le cadre du programme « Investir dans les ressources humaines », par Africalia belgium et Radio France Internationale (RFI). Doté d’une structure de coordination, le projet CNA Afrique vise à redéfinir la place des cinémas ambulants dans l’industrie cinématographique africaine et à renforcer leur rôle dans le développement culturel et l’épanouissement des populations. Le projet met en place de nouvelles unités de projection, un dispositif de renforcement des capacités techniques et de gestion, des bases de données accessibles via le net (titre des films diffusés, nombre de spectateurs, lieux de projections), la création d’un système de rémunération des ayants droits. Pour Jacques DO KOKOU, e dispositif et l’équipe techniques permettront de donner la parole surtout aux femmes, qui, dans les milieux ruraux, sont celles qui ont moins de loisirs, pour parler d’elles-mêmes, de leur environnement, des diverses initiatives qu’elles entreprennent pour soulager leur quotidien et celui de leur famille. A la cérémonie de lancement de CNA Togo qui a connu la présence effective de M. Christian Lambert, fondateur de CNA, plusieurs personnalités se sont succédé. D’abord M. Edoh Akakpo, Directeur du Cabinet du Ministre des Arts et de la Culture qui s’est félicité de l’initiative et a réitéré l’engament du Ministère de la Culture à l’accompagner. Puis, tour à tour, Mme Rosalie N’DA, Présidente de CNA Afrique, M. Ouédraogo, Coordonnateur de CNA, M. Hervé Lenormand, Directeur Adjoint de l’Institut Français du Togo, M. Bienvenu Koudjo, Représentant le Directeur du Bureau Régional Afrique de l’Ouest de l’OIF, M. Jacques Do Kokou, M.Alain Romain, Directeur de la Société ICCT, promoteur de Renault au Togo, etc. Ils se sont tous félicités de cette heureuse opportunité offerte à la relance de la projection de films au Togo. A juste titre, M. Koudjo s’est honoré de ce que ce soit la vision de l’OIF qui permet aujourd’hui de faire le relais du projet CNA qui va démarrer effectivement le mardi 6 mars avec l’idée de faire une tournée de 10 villages du Sud Togo avec 10 films, soit un total de 100 projections. M. Hervé Lenormand trouve dans le CIT-CNA un relais de leurs prochaines actions culturelles de proximité qui permettront à l’Institut Français du Togo de « mériter » son nom en résidant et en animant 8 à 10 jours durant, la vie dans des villes choisies. Le Cinéma Itinérant du Togo et RECITEL Lancé à l’initiative du photographe et premier cinéaste togolais, Jacques Do Kokou au travers d’un partenariat entre son association l’APCAL (Association pour la Promotion de la Culture, des Arts et des Loisirs) et l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie), le CIT vise à reprendre le traditionnel cinéma ambulant qui a existé au Togo dans les années 70-80 appelé « Agouti rail » et « Agouti Bus » avec des moyens modernes de projection, pour participer à la démocratisation de l’information et du savoir par le biais du cinéma. Ce faisant, le CIT sensibilise, divertit et crée, autour du cinéma, lieu de partage et de rencontre, de riches contacts humains et culturels entre les populations. Depuis 10 ans que le CIT fait donc du cinéma itinérant au Togo, des milliers de séances de cinéma suivis de débats ont été organisés et animés le plus souvent en plein air avec le soutien non seulement de l’OIF, mais d’autres partenaires que sont : le Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC) de l’Ambassade de France au Togo, de la Commission Nationale Catholique des Communications Sociales (CNCCS))…. Il faut se féliciter que dans l’année même où disparaît la salle mythique « Cinéma Le Togo » rasé par des bulldozers pour faire passer une route et au moment où il ne reste pour tout ce Togo que 2 salles de projection moderne de cinéma à Lomé, le CIT et le CNA à travers le système de « la Caravane du cinéma » contribuent à rapprocher le cinéma de son public populaire. Des films africains et classiques sont proposés dans les quartiers populaires des zones urbaines comme dans les villages et les coins les plus reculés du pays où l’énergie électrique est inexistante. Ce sont des initiatives on ne peut plus très louables. On doit la survie du cinéma dans son concept de proximité à l’opiniâtreté et au courage de Jacques DO KOKOU. En dix ans, le CIT, possède une longue expérience de cinéma de proximité et un public assidu à travers les cinq (05 Régions du Togo pour un cinéma de qualité. L’APCAL, association fondatrice du CIT dirigée par Jacques Do Kokou, a également créé le festival international du film - RECITEL- Rencontres du Cinéma et de la Télévision de Lomé. RECITEL est une manifestation créée pour identifier et former de jeunes talents, promouvoir le cinéma au Togo et dans la sous région. Il permet de présenter les nouveaux films sélectionnés dans les festivals internationaux et ceux des jeunes réalisateurs togolais au public de Lomé et de l’intérieur du pays via la caravane du cinéma. Une Résidence internationale de création audiovisuelle pour l’écriture et la réalisation de films de deux à cinq minutes en amateur ou en professionnel est prévue cette année du 15 juillet au 15 août 2012 à Atakpamé (190 km au nord de Lomé). L’expérience acquise a favorisé l’entrée du CIT comme Membre du Réseau du Cinéma Numérique Ambulant - CNA. Cyriaque Noussouglo © TogoculturesContacts : Jacques DO KOKOU Administrateur CIT-CNA Tél : +228 90 24 99 77 / 99 52 15 12 Emails : apcalcine@gmail.com / jdokokou@hotmail.com < Site : www.cinetogo.comArticle paru sur le site de Togo Culture
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